Créé en 1903 par un quotidien sportif parisien, le Tour de France est un excellent laboratoire pour les médias au cours du XXe siècle. Le premier reportage radiophonique en direct, par Jean Antoine et Alex Virot a lieu en 1930. Dès lors, la radio s'impose sur le journal, qui ne peut donner les résultats que le lendemain matin. Les actualités cinématographique ne furent jamais de véritables concurrents, car elles diffusaient toujours les étapes avec plusieurs jours de décalage. La télévision est présente sur la route du Tour dès la fin des années 1940 mais doit expérimenter toutes sortes de moyens afin d'assurer un reportage correct de la course. Le premier reportage en direct d'un sommet alpin se limita en effet à un plan fixe du passage du col. Le reportage reprit deux heures plus tard avec un plan fixe de la ligne d'arrivée. Il faut attendre les années 1960 pour assister à des reportages télévisés en direct faisant véritablement pénétrer le téléspectateur au coeur de la course, grâce à des caméras embarquées sur des motos relayées par avion ou hélicoptère. Ainsi, on peut définir trois âges médiatiques pour le Tour de France : le journal papier de années 1920, puis la radio des années 1930 au début des années 1960, enfin la télévision depuis la fin des années 1960. Les journaux papier, L'Équipe en tête, n'abdiquèrent évidemment pas face à la montée en puissance de la radio et de la télévision, mais la description pure de l'étape laissa progressivement la place à des points de vue décalés. Antoine Blondin excellait dans ce genre.